Indépendamment du problème technique de la saisie du texte, un article édité en langue française doit respecter les règles de composition typographique françaises, au même titre que l’orthographe.

Ces règles sont complexes et codifiées précisément dans des dictionnaires de typographie française basés sur les usages de l’Imprimerie Nationale et des siècles de composition au plomb. Ce n’est que très récemment que l’accès à la composition s’est démocratisé via la généralisation des micro-ordinateurs et du traitement de texte. Il convient de prendre connaissance des règles principales de composition et de les appliquer autant que possible. Pour les novices, nous conseillons vivement la lecture d’un ouvrage très efficace, à la fois simplifié et didactique : Règles de l’écriture typographique du français d’Yves Perrousseaux.

La question du respect des règles typographiques françaises est difficile à appréhender aujourd’hui tant certains usages récents ont dévoyé ces règles. La généralisation des machines à écrire au XXe siècle a bouleversé la manière de composer le texte. Techniquement très limitées, ces machines ont réduit le nombre des glyphes disponibles. L’exemple typique est celui des capitales qu’on oublie d’accentuer ou l’apostrophe remplacé par le glyphe des minutes. Leur sens et leur dessin sont pourtant complètement différents.

« UN HOMME TUE » N’A PAS LE MÊME SENS QUE « UN HOMME TUÉ »
« RIEN A VOIR » N’A RIEN À VOIR AVEC « RIEN À VOIR »
Le glyphe minute ' est bien différent de celui de lapostrophe
Le glyphe seconde " est bien différent des guillemets anglo-saxons“ ”
Le glyphe seconde"est bien différent des guillemets français« »

 

Ces simplifications sont, hélas, rentrées dans les usages et se sont accentuées avec l’apparition des micro-ordinateurs personnels de conception américaine et dont les claviers ne prennent pas en compte les spécificités de la typographie française (cinq siècles d’histoire). Une exception notable, toutefois, concerne les ordinateurs Apple.

La création du Macintosh en 1984 a accompagné le développement de la publication assistée par ordinateur (PAO). Apple ciblait les professionnels du graphisme et a adapté le clavier de ses ordinateurs à la saisie des signes typographiques avancés dans toutes les langues. C’est toujours le cas aujourd’hui, ce qui explique la prépondérance des ordinateurs Apple dans le domaine de la création et de la publication. Rien de plus simple sur un Mac que de saisir une capitale accentuée ou l’apostrophe typographique. Le système propose même un utilitaire : le visualiseur de clavier qui permet de retrouver facilement les combinaisons de touches donnant accès à tel ou tel glyphe.

1_Les touches de clavier standards

2_Les capitales accentuées accessibles avec la touche Majuscule bloquée

3_Autres glyphes accessibles avec la touche Alt

4_Autres glyphes accessibles avec la touche Majuscule bloquée + Alt

 

Windows de Microsoft, malgré ses évolutions, n’a jamais pris en compte cela, le système étant américain, généraliste et destiné à des usages industriels ou bureautiques ne nécessitant pas ces subtilités. Différents stratagèmes permettent de le faire toutefois, comme l’utilisation de la correction orthographique, la saisie d’un code informatique spécifique ou le recours à la palette des glyphes sur les logiciels spécialisés (Adobe InDesign, par exemple). Mais c’est beaucoup moins simple. Du coup, la prépondérance du système de Microsoft renforce les mauvaises habitudes instituées par l’usage des machines à écrire et tend à gommer ce qui fait la richesse de la typographie française.

La solution est d’utiliser Antidote, le meilleur correcteur orthographique et typographique actuel, développé par une société québécoise.

Écrivains amoureux de notre belle langue, faites un effort : appliquez les règles de la typographie française, et ne participez plus à l’acculturation générale en cours. Ne faites pas « Comme en Amérique ! » ainsi que le déclarait François, le facteur de Jour de fête.

Marcel P.