« Écrire, c’est… »

Les textes qui suivent ont été écrits en atelier à Condrieu.

Écrire c’est te murmurer la vie dépouillée, effeuillée, dépoussiérée, écumée.
Écrire c’est répandre un parfum d’éternité sur l’éphémère.
Écrire c’est pleurer la rivière et s’embarquer pour l’océan.
Écrire c’est faire des cocottes en papier.
Écrire c’est essentiel.
Écrire c’est inutile.
Écrire c’est pour pas mourir.

Écrire en atelier c’est creuser des sillons, labourer et semer.
Écrire en atelier c’est filer, enfiler, défiler, c’est se faufiler, se défiler parfois.
Écrire en atelier c’est te donner la main et la lâcher.
Écrire en atelier c’est patienter.
Écrire en atelier c’est écouter.
Écrire en atelier c’est un cadeau.

Sylvie Abonnenc Ripoche

 

Écrire c’est ouvrir des fenêtres et regarder avec des yeux neufs.
Écrire c’est dire. Tout. Parfois n’importe quoi, n’importe comment. Mais c’est aussi parfois trouver. Le mot juste, l’image adéquate, l’émotion partagée, le lecteur idéal, ses propres racines.
Écrire c’est fabriquer. Et choisir.
C’est aussi partager avec humilité et s’enthousiasmer déraisonnablement.
Pour écrire, il faut voyager léger.
À plusieurs, on teste, on prend des risques. Calculés : les regards sont bienveillants et sereins. On découvre des chemins, on se perd parfois, on se retrouve toujours et on apprend souvent !

Céline Ducroux

 

J’écris pour m’essayer à la liberté des mots, pour écouter mieux l’autre à travers ce que j’ai à écrire de lui, à vivre avec lui en richesse d’échange de mots et de maux.
J’écris pour m’entendre, j’écris pour me taire.
J’écris pour que le silence parle.

Ghislaine Signargout

 

Écrire pour trouver le juste mot, le juste son, le juste ton, la juste couleur, pour esquisser le paysage intérieur à la lisière du transmissible.

Sylvie Lonchampt

 

Écrire pour voir…
 Écrire pour moi et le plaisir égoïste d’ouvrir des mondes.
 Écrire pour partager. Les rires, les mots, les émotions.
 Écrire pour dire merci à ceux d’avant.
 Écrire pour promettre à ceux d’après.
 Écrire pour apprendre à se taire et à contempler.
 Écrire pour ne pas remplir. Écrire pour ne pas déborder.

Céline Ducroux

 

Écrire, pour moi qui suis journaliste à l’origine, c’était rendre accessible la réalité avec des phrases et des mots simples.
Écrire, pour moi aujourd’hui, cela devient puiser dans l’imaginaire ou dans la mémoire, essayer de nouveaux styles, inventer de toute pièce des chemins d’histoire pour tenter d’exprimer ce qui ne peut se dire ni se décrire.
Écrire en atelier, c’est l’obligation de remplir une feuille (finie l’angoisse de la feuille blanche). C’est une ébauche d’objet littéraire en une heure ou un quart d’heure top chrono. Enfin, ce sont la lecture et les retours des autres, nouvelle source d’angoisse mais apport enrichissant.
Écrire en atelier, c’est découvrir qu’un texte peut se travailler comme un vase sur le tour, qu’il peut être en devenir, se peaufiner, s’alléger et devenir un objet beau à contempler et à recevoir.

Jean-Paul Rivière

 

Écrire c’est :
ouvrir des pistes,
imaginer, voyager, s’égarer, se retrouver, s’évader, inventer, se détendre, expérimenter, nuancer, se souvenir
Écrire en atelier c’est tout ça et en plus :
entendre des histoires différentes
échanger, rencontrer, écouter, lire, apprendre
imaginer des histoires qu’on n’aurait pas imaginées en écrivant seul.

Ulrike Grange

 

Écrire, c’est trouver une phrase, une piste et partir d’un moment. Je ne sais pas écrire dans une chronologie. J’aurais des difficultés à faire et suivre un plan de départ pourtant je sais que c’est cela, aussi.
 Écrire m’est nécessaire et indispensable, je ne sais pas pourquoi : Laisser une trace ? Garder une trace ? Je crois que cela m’est nécessaire comme le jeu à un enfant : « Alors on va dire que tu serais la maman… ». Un enfant qui joue ne s’amuse pas forcément mais il a le besoin vital de jouer. Bref c’est très sérieux et pas très important.
Écrire en atelier, c’est un moment de liberté, hors du temps, une parenthèse, un luxe, une contrainte, du silence, un plaisir à tiroirs, les mots, les mots et l’attention des autres, leur univers et leur intelligente bienveillance. C’est drôle écrire en atelier c’est aussi lire son écriture et là c’est plus difficile.

Nathalie Lecarme

 

Écrire c’est faire remonter des souvenirs oubliés, les sensations de moments, de choses non dites. C’est ouvrir les portes d’une dimension inconsciente mais très présente. Se laisser écrire en somme.
Plonger dans les oublis, revisiter des lieux, ressusciter des gens, faire remonter tout ça d’entre les lignes comme des bulles et les coucher délicatement sur les pages blanches pour ne pas les abîmer, pour les donner à voir.
Les texticules produits, comme les appelle l’auteur des Météores et de Vendredi ou les limbes du Pacifique, se sont au fil du temps installés dans ma vie ; je m’habitue à leurs défauts et ne vois pas toujours leurs qualités.
Écrire en atelier c’est oublier sa propre direction et aller vers celle indiquée par l’animateur y compris celles où l’on ne veut pas aller et alors développer une stratégie d’évitement ou monter un écran de fumée entre soi et la feuille blanche ou apprendre à rendre visible l’invisible en soi.
Écrire en atelier, en groupe est encore plus révélateur du monde singulier que chacun porte. Vingt six lettres pour des milliards de pages, de mondes, de sentiments, de situations, c’est jouer aux billes avec les planètes de chacun d’entre nous.
Écrire en atelier c’est s’enrichir, se réjouir de l’angle que l’on n’avait pas vu, pas imaginé, faire d’un rectangle un dodécaèdre, une étoile. Bref, c’est presque refaire la création autour d’une table.

Marie Devise

 

Écrire, c’est garder la trace de celui qu’on a été. C’est imaginer et créer son propre univers. Un stylo et une feuille vierge, voilà le commencement d’une histoire, d’un livre, d’un film, d’une chanson, de quelque chose… D’un simple geste de la main, on transmet du rire, de la peur, de la joie, de la peine. Écrire, c’est le pouvoir de tout faire.

Écrire m’aide à aller chaque jour plus loin. Ça m’a permis d’exprimer des émotions, des idées, de l’amour et des regrets. J’écris aussi pour que les gens qui me connaissent me voient différemment. Parfois, je le fais seulement pour que quelqu’un puisse exister autrement que dans ma mémoire.

Écrire, c’est des sensations : l’euphorie pendant, le bien-être après.

Écrire en atelier, c’est particulier. L’ambiance est différente, il y a du monde autour, la limite du temps nous force à faire des choix, et surtout, il y a un lecteur. On est conseillé, influencé, dirigé. Bien souvent, sans s’en rendre compte, on se grandit de la richesse de certains textes. Et peu à peu, on écrit autrement.

Laurent Chaniac

 

Écrire, c’est mettre en mots au stylo. Au stylo, construire ce que la parole ignore, ce que le parler veut dire. Du parler au écrire, fabriquer du sens avec patience ; occuper les alvéoles du mental, posément.
Écrire EN ATELIER ? Une consigne, un temps. Au top dans les starting-blocs. Fuser vers l’objectif. Forcer l’idée, activer les neurones, échauffer l’imaginaire, détendre la syntaxe ou l’organiser serrée. Goûter au goût des autres selon leurs jours. Être émue en rires, humour ou mélancolie par leurs productions. 
Entendre chacun dans son style. Jean-Paul, Laurent, Guilaine, Rose, Claudie, Elisabeth, Sylvie, c’est votre griffe que je décoderai si un texte de vous était lu n’importe où. Je vous reconnais, je sais votre écriture. J’attends chaque texte et me réjouis de vous suivre. Merci à tous, écrivains, écrivaines, auteurs en fleur de l’atelier.

Gaëlle Ollagnier